Après trois années d’étude et de restauration, le Triptyque de la Descente de Croix (vers 1455-1460) du peintre louvaniste Dieric Bouts a retrouvé sa splendeur d’antan. Conservé depuis plus de cinq siècles dans la Chapelle royale (Capilla Real) de la cathédrale de Grenade, cette œuvre majeure du primitif flamand a exceptionnellement séjourné en Belgique afin de bénéficier d’une intervention de conservation d’envergure menée par l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA). Le Fonds Léon Courtin-Marcelle Bouché a soutenu ce projet d’envergure, principalement financé par la région flamande.
Bouts au plus près du public
Début juin 2026, l’œuvre a retrouvé sa place dans la Chapelle royale (Capilla Real) de la cathédrale de Grenade. Elle y est présentée au public jusqu’au 30 septembre 2026 dans le cadre d’une exposition organisée avec la collaboration scientifique du M Leuven et de l’IRPA. Cette présentation met les trois panneaux au premier plan. Elle est complétée par une évocation du projet de recherche ainsi que des travaux de conservation et de restauration menés par l’IRPA.
Un chef-d’œuvre des Primitifs flamands
L’œuvre se compose de trois panneaux peints: au centre, la Descente de croix, à gauche, la Crucifixion et à droite, la Résurrection. Attribué à Bouts au XIXe siècle, ce triptyque n’a depuis lors jamais vu cette attribution remise en question, malgré certaines différences stylistiques avec d’autres œuvres du maître. Le commanditaire reste inconnu, mais l’on sait que la reine Isabelle Ire de Castille acquit l’œuvre. Après sa mort en 1504, le triptyque reçut une place prestigieuse dans sa chapelle funéraire, la Chapelle royale de la cathédrale de Grenade.
Une analyse scientifique approfondie
En 2023, l’œuvre a quitté son lieu de conservation pour la première fois depuis plus de 500 ans afin d’être étudiée et restaurée en Belgique par l’IRPA. Le triptyque y a été examiné à l’aide de techniques scientifiques de pointe, permettant de mieux comprendre son histoire, sa composition et son état de conservation. Les analyses ont révélé l’ampleur des altérations subies au fil des siècles. Le panneau central présentait notamment d’importants dommages au niveau des joints entre les planches de bois, ainsi que de nombreuses retouches anciennes. Grâce à la macro-fluorescence aux rayons X (MA-XRF), les restaurateurs ont pu identifier les interventions réalisées au XIXe siècle, notamment par la présence de pigments contenant du zinc. Ces recherches ont permis de distinguer clairement les couches originales des repeints plus récents.
Une restauration minutieuse
Le travail de restauration a consisté à retirer avec une extrême précision les vernis jaunis et les surpeints qui masquaient la palette originale du peintre. Couche après couche, les restaurateurs ont redonné vie aux nuances lumineuses de l’œuvre. Les paysages ont retrouvé leur profondeur, les tissus leurs couleurs éclatantes, tandis que les visages et les détails architecturaux révèlent à nouveau toute la finesse d’exécution de Bouts. Pour compléter certaines lacunes, les experts se sont appuyés sur une copie ancienne particulièrement fidèle du triptyque, conservée au Musée du Patriarche de Valence.
Le Fonds Léon Courtin – Marcelle Bouché
Ce projet remarquable a obtenu un soutien du Fonds Léon Courtin – Marcelle Bouché, géré par la Fondation Roi Baudouin, qui contribue activement à la sauvegarde du patrimoine artistique d’exception.