Tapis de style Art Déco

Elisabeth De Saedeleer
1924

Le Fonds Raphaël et Françoise Haeven, géré par la Fondation Roi Baudouin, a permis l’acquisition d’un tapis emblématique de l’artiste textile belge Elisabeth De Saedeleer, destiné au Design Museum Brussels. Une acquisition pertinente dans le contexte du nouvel intérêt croissant pour les femmes artistes et designers.

Le patrimoine belge au féminin

L’acquisition de ce tapis d’Elisabeth De Saedeleer (1902-1977), s’inscrit dans une démarche ambitieuse de valorisation du patrimoine belge, et plus particulièrement du travail des femmes artistes et designers, longtemps restées dans l’ombre de l’histoire de l’art.

Un chef-d'œuvre textile de l'entre-deux-guerres

Le tapis séduit par la qualité de son exécution, l’harmonie de ses lignes et la vivacité de ses couleurs, retrouvées suite à sa récente restauration. Il s’agit d’une œuvre rare d’Elisabeth De Saedeleer, emblématique de la création belge de l’entre-deux-guerres, et quasi absente des collections publiques aujourd’hui.

De Saedeleer & Van huffel : une alliance artistique unique

Créée par Elisabeth De Saedeleer, figure essentielle mais méconnue du renouveau de la tapisserie en Belgique, cette pièce incarne l’esprit du mouvement Arts & Crafts, nourri d’un savoir-faire artisanal exigeant (le tapis est noué à la main) et d’un design moderniste raffiné. Elle témoigne également de la richesse des collaborations artistiques de l’époque, puisqu’elle a été conçue en lien étroit avec l’architecte Albert Van huffel (notamment connu pour la basilique de Koekelberg), acteur clé de l’Art Déco en Belgique. Cette association donne à l’œuvre une portée à la fois artistique, historique et symbolique. Les monogrammes des deux artistes figurent par ailleurs aux bords supérieurs du tapis.

L’art en héritage

Elisabeth De Saedeleer, artiste textile, a été l'une des premières femmes professeurs recrutées par Henry van de Velde pour l’Institut supérieur des arts décoratifs de La Cambre, aux côtés de la relieuse Berthe van Regemorter. Avec la nomination d’Elisabeth De Saedeleer à la direction de l’atelier d’art textile en 1927, Van de Velde fait appel à une personnalité reconnue. Elle découvre le tissage sous l'influence de May Morris alors que sa famille séjourne en Angleterre durant la Première Guerre mondiale. En 1921, son père, Valerius De Saedeleer, établit un atelier de tissage à Etikhove, où elle fonde une filière de tissage avec ses sœurs. En 1925, lorsque l’atelier est rebaptisé Studio De Saedeleer, elle en prend la direction avec l’artiste Paul Haesaerts. L’atelier connaît un franc succès et collabore avec des artistes de renom. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les autorités allemandes empêchent Elisabeth De Saedeleer de continuer à enseigner à La Cambre en raison des origines juives de son époux, Léon Lévy. Après la guerre, elle ouvre sa propre école ‘École de tissage et de peinture Elisabeth de Saedeleer’ à Uccle.

Visibilité retrouvée pour une artiste pionnière

Cette œuvre comble un manque important dans les collections publiques. L’oeuvre est exposée dans le cadre du parcours permanent, au sein de la section belgisch design belge du Design Museum Brusselsrenforçant ainsi la visibilité d’Elisabeth De Saedeleer et de son atelier-école, à la croisée de la création, de l’enseignement et de l’entrepreneuriat.

Le Fonds Raphaël et Françoise Haeven

Ce tapis emblématique de l’artiste textile belge Elisabeth De Saedeleer a été acquis par le Fonds Raphaël et Françoise Haeven. Le Fonds Raphaël et Françoise Haeven, géré par la Fondation Roi Baudouin, est dédié à la conservation, la restauration et la valorisation du patrimoine historique belge.

Material / technique : 
Laine et cellulose
Dimensions : 
104 x 219 cm
Type of acquisition : 
Acquisition du Fonds Raphaël et Françoise Haeven
Year of acquisition : 
2025
Depository institution : 
Design Museum Brussels, Bruxelles