Liste des membres et comptes de la Confrérie de la Sainte-Circoncision

Acquisition et réaffectation d’un élément exceptionnel du patrimoine anversois

Ces manuscrits remarquables ont été acquis en mars 2026 par la Fondation Roi Baudouin, plus précisément par l’intermédiaire du Fonds Raphaël et Françoise Haeven, lors d’une vente aux enchères organisée par Arenberg Auctions à Bruxelles. Cette acquisition a été réalisée à la demande des Archives de l’État et de plusieurs institutions archivistiques anversoises. Grâce à cet achat, des documents uniques, restés aux mains de particuliers pendant plus de deux siècles, ont pu être confiés de manière pérenne aux Archives de l’État à Anvers.

Un ensemble de documents rare et significatif

L’ensemble inclut une remarquable copie calligraphiée (1684) du registre original des noms de la Confrérie anversoise de la Sainte-Circoncision (fondée en 1426), complétée jusqu’en 1786, ainsi que trois volumes de comptes couvrant la période 1559–1720. Ces pièces sont exceptionnellement rares : les archives de cette confrérie ont presque totalement disparu, et il ne subsiste que très peu de registres comparables du XVIe siècle dans des collections publiques.

Cette acquisition comble une lacune importante dans les archives existantes et renforce la cohérence des registres de confréries déjà conservés. Ces pièces majeures permettent de brosser un tableau plus complet de la confrérie elle-même, mais aussi de l’esprit du temps ainsi que de la vie religieuse et sociale à Anvers. Leur valeur pour les chercheurs est donc considérable.

Une fenêtre sur la vie religieuse et sociale

Fondée en 1426, la Confrérie de la Sainte-Circoncision possédait une chapelle dans la cathédrale Notre-Dame et vénérait comme relique un fragment du prépuce de Jésus rapporté lors des croisades et parvenu à Anvers par l’entremise d’un compagnon de voyage de Godefroy de Bouillon. En 1566, lorsque la furie iconoclaste frappa la cathédrale, la relique disparut, mais la confrérie continua d’exister. De nouveaux noms furent ainsi inscrits dans le registre des membres jusqu’en 1786 au moins. En 1900, l’Église interdit la vénération du prépuce de Jésus.

La confrérie réunissait des citoyens anversois de premier plan. La liste des membres et les comptes offrent un éclairage unique sur le rôle des laïcs dans la vie religieuse des Pays-Bas au début de l’époque moderne. Les noms de figures importantes, comme le bourgmestre Nicolaas Rockox, illustrent le réseau et le prestige de la confrérie.

Les comptes documentent non seulement le fonctionnement interne de la confrérie, mais offrent aussi un aperçu de pratiques sociales plus larges : rémunérations de musiciens, entretien de la chapelle et organisation de cérémonies religieuses. Ensemble, ces documents font revivre à la fois le patrimoine matériel et immatériel des confréries.

Conservation, accessibilité et valorisation

La copie calligraphiée du registre des membres constitue également un objet visuellement remarquable. Réalisé sur parchemin et relié en velours rouge, le manuscrit arbore une calligraphie raffinée et une page de garde richement décorée, représentant la Circoncision du Christ, dans un cartouche entouré de fleurs.

La liste des membres et les comptes de la confrérie seront intégrés aux archives de la cathédrale, conservées depuis 2014 aux Archives de l’État à Anvers. Ils seront inventoriés, numérisés et rendus accessibles via les plateformes en ligne existantes. Ainsi, ils seront non seulement préservés en toute sécurité, mais aussi largement accessibles aux chercheurs et au public intéressé.